Édition spéciale 2026 d’Apprendre + Agir
Ronald Cameron
Notre système d’éducation n’est pas en bon état. Le Québec scolarise presque tous ses jeunes, mais ne parvient pas à assurer des parcours scolaires équitables pour l’ensemble des jeunes. Le système d’éducation québécois repose sur un paradoxe : il a connu une démocratisation majeure, mais il n’a jamais semblé aussi inégalitaire que maintenant.
La pénurie de personnel, la dégradation des conditions d’enseignement, la persistance du décrochage et la montée des inégalités témoignent d’une crise qui dépasse les ressources et touche désormais la structure même du système. Derrière l’image d’un système accessible et universel, l’école publique québécoise s’effrite. Ce n’est pas seulement une crise de moyens — c’est une crise de modèle.
Paradoxalement, l’éducation des adultes (ÉDA), partie intégrante de la réforme de l’éducation des années 60 au Québec, reste le parent pauvre du système éducatif québécois. Alors qu’elle joue un rôle central dans la réduction des inégalités, la qualification de la main-d’œuvre et le développement de capacités citoyennes, elle souffre d’un sous-financement chronique, d’un accès limité et d’une faible reconnaissance. La baisse de la fréquentation est observable depuis le début des années 2000 et a connu un dur coup avec la pandémie. Celles et ceux qui en auraient le plus besoin sont souvent celles et ceux qui en sont le plus éloignées.
Sa mission est énorme. Elle déploie des mécanismes pour permettre le retour aux études des élèves qui décrochent. Elle soutient la requalification professionnelle. Elle favorise l’intégration des personnes migrantes. Elle offre une seconde chance aux adultes peu scolarisé·es, incluant le développement de la littératie de base, voire l’alphabétisation des personnes. Pourtant, elle reste structurellement secondaire dans les politiques publiques. Si on caricature, on peut dire qu’elle vise à combler les ratés du système public. L’ÉDA corrige les failles du système… sans en avoir les moyens.
Quel avenir pour l’éducation des adultes ?
Quel avenir peut avoir l’éducation des adultes compte tenu de sa réalité, mais aussi de l’évolution du monde ? De tout temps, le progrès technique a permis à l’humanité de s’affranchir de tâches pénibles pour survivre et se développer. L’essor des technologies de l’information a déjà eu un impact sur l’éducation dans son ensemble, et maintenant, l’intelligence artificielle va bouleverser la société entière.
On a cru un instant que le capitalisme était pour connaître une période faste, ce qui faisait dire aux courants les plus libéraux que la croissance est la voie royale pour sortir les personnes les plus démunies de la pauvreté extrême. Or, les inégalités se sont accrues de manière exponentielle et la réduction de l’État providence et du filet social dans les économies occidentales est remarquable. Le nouveau millénaire a ouvert la période à des crises de tout type qui se combinent : économiques et financières, dérèglement climatique, dégâts écologiques, crise sanitaire, problèmes sociaux de plus en plus importants, détresse psychologique accrue, recul démocratique.
Aujourd’hui le capitalisme franchit une nouvelle étape, celle du déclin de l’empire avec ses dommages collatéraux et, en premier lieu, une accélération de la destruction de la richesse des nations par la guerre. Si la troisième guerre mondiale n’est pas formellement déclarée, elle prend une forme rampante, quotidienne et permanente. L’enjeu pour l’éducation des adultes, longtemps perçue comme un simple outil de rattrapage ou d’adaptation au marché du travail, est devant un nouveau défi, plus politique.
Dans un contexte marqué par la montée de la désinformation, la polarisation des débats et les tentations autoritaires, l’éducation des adultes apparaît comme un pilier essentiel de la résilience démocratique. Une population capable d’analyse critique, de discernement et de participation active constitue un rempart aux dérives politiques. Une démocratie ne tient pas seulement par ses institutions, mais par la capacité de sa population de comprendre, de questionner et d’agir.
Apprendre à l’âge adulte ne consiste pas uniquement à acquérir de nouvelles compétences. C’est aussi — et peut-être surtout — se doter des moyens de comprendre le monde et de le transformer. Alors que l’éducation populaire, une dimension essentielle de l’éducation des adultes, fut un outil essentiel de la Révolution tranquille, ses méthodes et ses finalités retrouvent aujourd’hui une actualité certaine.
Sortir de la logique d’adaptation
Dans les discours dominants, l’apprentissage tout au long de la vie est souvent présenté comme une nécessité pour « rester compétitif » dans une économie en mutation. Cette vision, centrée sur l’employabilité, tend à réduire l’éducation à une fonction utilitaire. On la mesure par son efficience et ses résultats, question de rentabiliser l’investissement.
Or, une telle approche occulte une dimension essentielle : celle de l’émancipation, un mot qui ne semble plus tellement à la mode, mais une aspiration bien présente au sein des damné·es de la terre !
L’éducation des adultes ne doit pas uniquement permettre de s’adapter à un monde en transformation, il doit le transformer. Apprendre ne devrait pas seulement servir à intégrer le monde tel qu’il est, mais à l’imaginer et le construire, celui qu’il pourrait être.
Dans cette perspective, l’apprentissage devient un acte politique. Il permet de développer une pensée critique, de remettre en question les structures de pouvoir et de participer activement aux débats qui traversent nos sociétés.
Une inégalité structurelle face au savoir
Par ailleurs, l’ÉDA demeure profondément marquée par des inégalités d’accès. Les personnes les plus marginalisées — celles qui ont quitté tôt le système scolaire, qui vivent dans la précarité ou qui sont confrontées à des discriminations systémiques — sont souvent les moins bien desservies. Celles qui ont le plus besoin d’apprendre sont trop souvent celles à qui l’on donne le moins de moyens pour le faire. Ces inégalités ne sont pas accidentelles. Elles s’inscrivent dans des structures sociales qui reproduisent les écarts de pouvoir et de ressources. L’accès au savoir devient alors un enjeu de justice sociale.
Réduire ces écarts implique de repenser l’accessibilité de l’éducation des adultes, sa flexibilité et son ancrage dans les réalités vécues par les personnes apprenantes.
Le savoir et la leçon de La Pédagogie des opprimé·es
Dans la Pédagogie des opprimé·es, Paulo Freire utilise l’analogie du dépôt dans un compte de banque pour critiquer une conception d’une éducation dite neutre. Pour lui, la vision traditionnelle de la mission de l’éducation est celle qui consiste à transmettre un savoir à un individu-apprenant jeune ou adulte. Sa formule consacrée est de comparer cette vision centrée sur la transmission des connaissances à une activité de dépôt de « valeurs » dans un compte bancaire : « l’enseignant […] fait des dépôts que patiemment les élèves reçoivent et stockent »1.
Le point de départ de Freire est son rejet d’une posture de neutralité en éducation. Aussi, prône-t-il l’importance pour l’enseignant·e d’afficher ses opinions et, en retour, d’accepter la critique. Derrière cette approche, qui le conduit à concevoir une pédagogie libératrice, il y a l’idée que le savoir seul n’est pas émancipateur. Il nécessite une prise de conscience. Et pour que celle-ci, qui demeure individuelle, puisse avoir un impact sur le plan de la transformation sociale, elle doit être partagée et collective.
Reconnaître les savoirs issus des expériences
L’un des apports majeurs de l’éducation des adultes réside dans sa capacité à valoriser des formes de savoir souvent invisibilisé. Contrairement aux parcours scolaires traditionnels, elle reconnaît que l’apprentissage ne se limite pas aux institutions formelles.
Les expériences de vie, le travail, l’engagement communautaire ou militant sont autant de lieux où se construisent des connaissances précieuses. Le savoir ne se limite pas aux diplômes : il se construit aussi dans l’expérience, l’engagement et les solidarités. Cette reconnaissance contribue à redonner une légitimité à des trajectoires souvent dévalorisées et à élargir la définition même de ce que signifie apprendre.
Apprendre dans et avec les communautés
Au-delà des structures institutionnelles, l’éducation des adultes se déploie largement dans des espaces collectifs : centres communautaires, organisations citoyennes, syndicats, mouvements sociaux. Ces lieux jouent un rôle crucial en créant des environnements d’apprentissage ancrés dans les réalités locales et les enjeux concrets. Les espaces d’apprentissage les plus transformateurs sont souvent ceux qui émergent des communautés elles-mêmes.
Ils permettent non seulement la transmission de connaissances, mais aussi la construction de solidarités et de dynamiques collectives. L’apprentissage y devient un processus partagé, orienté vers l’action.
Comprendre pour agir
L’accès au savoir est une condition préalable à toute participation réelle à la vie démocratique. Dans une approche de conscientisation, il ne s’agit pas d’en faire l’économie. Mais les savoirs ne sont ni neutres ni suffisants. La manipulation des faits, les fausses nouvelles (fake news), les désinformations, les exclusions de la diversité des points de vue, le refus d’entendre la science, le choix des contenus transmis aux personnes apprenantes, sont tous des partis pris qui démontrent que l’information n’est pas neutre et qu’il existe bel et bien une bataille des idées.
Si l’accès au savoir est une condition au pouvoir d’agir, il doit s’accompagner d’une prise de conscience des enjeux et du parcours à entreprendre pour transformer les choses. S’il n’en tenait qu’à la quantité d’informations pour que les choses changent, ça fait belle lurette que des changements radicaux seraient apparus.
La question que le monde de l’éducation des adultes doit se poser n’est pas de savoir comment adapter les adultes au système tel qu’il est, mais plutôt de savoir comment l’ÉDA peut agir comme un levier pour changer le système. Le pouvoir d’agir ne résulte pas d’une accumulation d’informations, mais exige une prise de conscience. Il s’agit d’un enjeu de démocratie.
La pédagogie de conscientisation permet de décoder les discours dominants, d’analyser les rapports de force et de mieux saisir les enjeux globaux, du local à l’international. Elle contribue ainsi à renforcer une citoyenneté active, informée et capable d’intervention.
Les jeunes, les adultes et la transformation du monde
À l’heure où les repères vacillent et où les inégalités se creusent, l’éducation des adultes apparaît comme un espace stratégique pour reconstruire du sens et du pouvoir collectif. C’est pourquoi le droit à l’éducation s’inscrit dans une perspective tout au long de la vie.
On plaide pour que l’école publique et la formation de base offrent à tous les jeunes les moyens de trouver leur place dans la société et on compte sur eux et elles pour aménager des lendemains qui chantent. C’est beaucoup leur demander, si ça s’accompagne d’une démission des adultes !
On ne peut pas reporter l’action citoyenne à demain, lorsque la génération actuellement en apprentissage sera au pouvoir. Au sens propre, il s’agit de reporter la lutte pour une société nouvelle au mieux dans 20 ans ! Avons-nous le temps d’attendre 2050 pour commencer à agir pour contrer la détérioration du vivant ? Pouvons-nous laisser les faucons de la guerre détruire plus encore la planète et sa population ? Est-ce qu’il faut attendre vingt ans pour lutter contre le génocide à Gaza ? Il ne restera plus grand-chose de ce peuple palestinien enfermé dans une occupation militaire ! Cette jeunesse nous le dit déjà : on doit agir maintenant.
L’enjeu est énorme, pas seulement pour la planète, mais aussi pour les peuples et les populations laborieuses qui, partout dans le monde, peinent à joindre les deux bouts. Sur les 137 cibles des Objectifs de développement durable (ODD) définis en 2015 par l’Assemblée générale de l’ONU, les avancées sont insuffisantes pour 47 % d’entre elles et une régression est constatée pour un autre 18 % par rapport à la base de référence de 20152. Pour ce qui est du reste, les avancées sont au au mieux modestes, selon les évaluations récentes à cinq ans de l’échéance de 2030 fixée par l’ONU. Devons-nous reporter au prochain cycle des ODD l’atteinte de cibles ?
L’ÉDA doit permettre de former des individus capables de penser le monde autrement et de contribuer à sa transformation. L’éducation ne change pas seulement les trajectoires individuelles : elle ouvre la possibilité de changer la société elle-même.
Que faire ?
Il appartient à l’ICÉA de définir sa propre feuille de route en fonction de sa vision et de sa mission. Considérer l’éducation des adultes comme un droit constitue le point de départ incontournable de toute réflexion stratégique. Cette perspective n’est pas nouvelle, mais elle doit aujourd’hui trouver de nouvelles formes d’expression et d’action adaptées aux réalités contemporaines.
L’ICÉA possède une longue tradition d’intervention politique. Puiser dans cet héritage, tout en tenant compte du contexte actuel, constitue une source précieuse d’inspiration. À certaines périodes, l’Institut a privilégié le combat législatif et institutionnel ; à d’autres, il a misé sur la mobilisation des réseaux et des mouvements sociaux. Ces deux dimensions demeurent indissociables et doivent continuer de se renforcer mutuellement.
À la lumière des réflexions présentées dans ce texte, il apparaît essentiel que l’ICÉA accorde une attention accrue aux enjeux socioéconomiques et développe de façon plus systématique des chantiers de travail en concertation avec les autres réseaux de l’éducation, le milieu communautaire et les mouvements sociaux. Telle est, à mon sens, la principale conclusion qui se dégage de cette contribution.
Je dois avouer que je ne connais pas bien le bilan des activités de l’Institut dans la dernière période. Il est possible que je fasse référence à des travaux qui sont amorcés ou qui peuvent avoir un lien avec la recommandation que je fais. Ce n’est pas un hasard, ayant partagé la direction de l’organisation de 2011 à 2015. Néanmoins, je vous propose quelques pistes d’action partant d’un point de vue constructif, mais franchement campé à gauche, qui méritent d’être envisagées.
Élargir son action en faveur de l’éducation populaire et de l’agir citoyen
Dans un contexte marqué par le virage à droite de la vie politique, la montée des discours autoritaires, la désinformation et les attaques visant les organisations sociales et communautaires, l’éducation des adultes joue un rôle crucial dans le développement de l’esprit critique et du pouvoir d’agir citoyen.
L’ICÉA pourrait mettre davantage en valeur la contribution de l’éducation populaire et de l’éducation à la citoyenneté à la construction d’une société plus juste, inclusive et démocratique. Une démarche de mobilisation réunissant les mouvements sociaux, les organismes communautaires et les réseaux de l’éducation permettrait de renforcer le rôle de l’éducation populaire comme levier de transformation sociale.
La tenue d’un grand rassemblement ou d’États généraux de l’agir citoyen pourrait donner un nouvel élan à l’éducation populaire de transformation sociale au Québec. L’ICÉA pourrait également promouvoir plus activement l’éducation populaire autonome comme une composante essentielle du droit à l’éducation tout au long de la vie.
Documenter les impacts des inégalités sociales et économiques et mieux diffuser les connaissances à ce propos
Les personnes les plus touchées par la pauvreté, l’exclusion sociale ou les discriminations multiples demeurent souvent celles qui ont le moins accès aux possibilités de formation. Les inégalités socioéconomiques, combinées aux réalités liées au genre, à l’origine ethnoculturelle ou au statut migratoire, constituent des obstacles majeurs à la participation en éducation et à l’exercice de la citoyenneté.
L’ICÉA gagnerait à renforcer son travail de documentation sur ces réalités et, surtout, à diffuser largement les connaissances produites afin de sensibiliser la population, les responsables politiques et gouvernementaux et ceux des mouvements sociaux.
Cette démarche contribuerait aussi à soutenir les revendications en faveur d’un meilleur financement de l’éducation des adultes, de mesures de soutien adaptées et d’une plus grande accessibilité aux programmes de formation pour les populations les plus vulnérables. Elle consoliderait également l’une des missions fondamentales de l’Institut : exercer un rôle de veille, d’analyse et de diffusion des enjeux qui traversent la société québécoise en matière d’éducation des adultes.
Accroître les maillages avec les mobilisations en éducation
Le Québec s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de réflexion et de réforme en éducation. Depuis quelques années, plusieurs regroupements citoyens se sont constitués afin de promouvoir des transformations importantes du système éducatif. Parmi eux, École ensemble et Debout pour l’école figurent parmi les initiatives les plus connues.
Bien que ces mouvements soient principalement centrés sur le parcours scolaire des jeunes, l’État conserve une responsabilité fondamentale à l’égard de l’éducation des adultes. Toute réforme du système éducatif aura inévitablement des répercussions sur l’accès à l’éducation tout au long de la vie.
Dans ce contexte, la présence active de l’ICÉA au sein de ces mobilisations apparaît essentielle afin de faire valoir le droit à l’éducation des adultes et de s’assurer que celui-ci soit pleinement pris en compte dans les débats à venir.
La campagne Debout pour l’école, notamment, appelle à une nouvelle Révolution tranquille en éducation et propose la tenue d’États généraux de l’éducation. L’ICÉA aurait tout intérêt à s’engager dans cette démarche afin d’y faire entendre la voix de l’éducation des adultes et de contribuer à élargir la réflexion sur le droit d’apprendre tout au long de la vie.
Proposer une politique gouvernementale fondée sur l’apprentissage tout au long de la vie comme projet social
L’intelligence artificielle, la transition écologique, les transformations démographiques et les mutations du monde du travail bouleversent les conditions de vie et accentuent les inégalités. Ces changements soulèvent des défis majeurs en matière d’inclusion, de participation citoyenne et de développement des compétences.
L’ICÉA pourrait jouer un rôle de premier plan dans la réflexion sur les capacités individuelles et collectives nécessaires pour faire face à ces transformations. Plus que jamais, le droit à l’éducation doit être envisagé comme un droit permanent permettant aux personnes et aux collectivités de comprendre le monde, d’y participer pleinement et de contribuer à sa transformation.
L’éducation des adultes ne peut être réduite à une fonction de rattrapage scolaire ou à la seule adaptation de la main-d’œuvre aux besoins économiques. Sans nier l’importance de la formation de base, de la formation continue ou de la qualification professionnelle, il importe de réaffirmer que le droit d’apprendre tout au long de la vie constitue d’abord un fondement démocratique essentiel.
Il en va de la capacité des personnes à exercer leur citoyenneté, à participer aux décisions qui les concernent et à agir collectivement sur leur milieu de vie, celui de travail et sur la société dans son ensemble. L’ICÉA pourrait ainsi promouvoir une vision globale de l’apprentissage tout au long de la vie comme composante centrale du modèle social québécois.
Développer une vision internationaliste et intersectionnelle de l’éducation à la citoyenneté
Aucune société ne peut prétendre à l’émancipation tout en demeurant indifférente aux inégalités et aux rapports de domination qui structurent le monde. Les relations entre les peuples ne peuvent être fondées durablement sur l’exploitation, mais doivent reposer sur les principes de solidarité, de justice et de coopération internationale.
Cette réalité concerne également les enjeux liés aux migrations, à la diversité culturelle et aux rapports de genre. Les transformations démographiques et sociales du Québec exigent une ouverture croissante à l’autre et une meilleure compréhension des multiples formes de discrimination qui traversent les sociétés contemporaines.
Dans cette perspective, l’ICÉA gagnerait à intégrer plus explicitement une dimension internationale à sa conception de l’éducation des adultes et de la citoyenneté québécoise. Une telle approche constitue un levier important pour lutter contre le racisme, l’intolérance et les replis identitaires.
De la même manière, l’adoption d’une perspective intersectionnelle et interculturelle permettrait de mieux prendre en compte la diversité des expériences vécues et les réalités croisées qui façonnent les parcours des personnes et des communautés.
Notes
- Freire, Paulo (2021). La pédagogie des opprimé·es, Éditions de la rue Dorion, 336 pages. ↩︎
- CETRI (2026). Quid des ODD, les Objectifs du développement durable, Alternatives Sud, 33, Édition Syllepse en collaboration avec le Centre tricontinental (CETRI). ↩︎
Auteur
Ronald Cameron
Enseignant retraité du Cégep de Saint-Laurent et militant associatif et politique,
l’auteur a dirigé l’ICÉA de 2011 à 2015.
Pour citer cet article
Cameron, Ronald. (2026). Apprendre pour transformer : l’éducation des adultes comme levier d’émancipation collective. Apprendre + Agir, édition spéciale 2026, Souligner, penser et se remémorer les 80 ans de l’ICÉA. https://icea-apprendreagir.ca/apprendre-pour-transformer-leducation-des-adultes-comme-levier-demancipation-collective/
